Le Parlement ougandais a récemment adopté l’un des projets de loi anti-LGBTQ les plus sévères au monde, imposant de lourdes peines, dont 20 ans de prison pour avoir « promu » l’homosexualité et pour certains crimes liés aux relations sexuelles entre hommes, voire la peine de mort. Bien que les relations entre personnes du même sexe soient déjà illégales en Ouganda, les partisans de la nouvelle loi ont affirmé qu’elle était nécessaire pour punir un éventail plus large d’activités LGBTQ qu’ils estimaient constituer une menace pour les valeurs traditionnelles du pays. Le président Yoweri Museveni doit choisir cette semaine de signer le texte, d’y opposer son veto ou de le renvoyer au Parlement, une décision qui a suscité une forte réaction internationale de la part de groupes de pression et de gouvernements occidentaux, qui y voient une violation des droits humains.

L’impact du projet de loi se fait déjà sentir parmi les membres de la communauté LGBTQ ougandaise. DeLovie Kwagala, également connu sous le nom de Papa De, est un photographe et militant queer ougandais qui vivait en Afrique du Sud lorsque la nouvelle du projet de loi est tombée. Kwagala avait déménagé en Afrique du Sud en 2021 pour travailler et ne se sent désormais pas en sécurité pour rentrer chez lui. Iel a subi une série de discriminations en Ouganda, notamment avoir été arrêté dans un bar gay et détenu pendant deux jours, avoir été expulsé de son logement pour vivre avec une petite amie, et avoir été agressé sexuellement par des bureaucrates.

Kwagala espérait raconter des histoires de joie queer, de courage et des luttes affrontées par celles et ceux qui se montrent tels qu’iels sont באמת, malgré les préjugés et les mauvais traitements. Iel travaille désormais avec des amis pour collecter et distribuer des fonds à des Ougandais LGBTQ, dont certain·e·s ont été expulsé·e·s de leur logement tandis que d’autres se cachent, et a déjà reçu plus de 50 demandes d’aide.

Les membres de la communauté LGBTQ ougandaise ont dû se faire discrets, fuir leur domicile ou cacher leur identité pour éviter les violences après l’adoption du projet de loi. Des médias locaux ont fait état d’une augmentation du nombre de personnes arrêtées pour avoir eu des relations entre personnes du même sexe. La situation a brisé le cœur de Kwagala et l’amène à réclamer une action pour alléger la souffrance des autres.

L’adoption du projet de loi a suscité un tollé parmi les défenseurs des droits humains, qui estiment qu’il représente un revers important dans la lutte pour les droits LGBTQ en Ouganda. La communauté internationale a appelé le président Museveni à rejeter le texte, qu’elle affirme susceptible de compromettre les progrès réalisés pour protéger les droits et la dignité des personnes LGBTQ. La situation reste incertaine, laissant les membres de la communauté LGBTQ ougandaise dans la crainte de l’avenir.

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The Pink Times

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