Un haut tribunal sud-coréen a jugé mardi que le service national d’assurance maladie devait accorder une couverture conjugale aux couples de même sexe. Bien qu’il s’agisse d’une victoire bienvenue pour la communauté LGBTQ, cette décision a mis en lumière la lutte difficile que mènent les minorités sexuelles en Corée du Sud. Malgré une acceptation sociale croissante, un projet de loi visant à empêcher toute discrimination à l’encontre de la communauté LGBTQ est bloqué depuis des décennies à l’Assemblée nationale, un puissant lobby chrétien conservateur étant un facteur crucial dans l’opposition au texte.
Les politiciens du parti conservateur au pouvoir, le People Power Party, comptent sur les fidèles des églises comme important bloc électoral, tandis que même des parlementaires du Parti démocrate, de centre gauche, ont acquiescé aux demandes de ce groupe très vocal. Le projet de loi, connu sous le nom de Loi anti-discrimination, bénéficie du soutien du grand public, environ 57 % des adultes sud-coréens récemment interrogés par Gallup ayant déclaré y être favorables. Cependant, les opposants ont inondé les téléphones des responsables politiques de messages texte, ont persuadé des conseils scolaires de retirer de leurs bibliothèques des livres contenant des personnages transgenres, et ont prié en public contre le projet de loi dans des villes du pays entier.
L’enjeu est de savoir si la Corée du Sud condamnerait officiellement toutes les formes de discrimination. Bien que des protections aient été garanties pour les personnes handicapées, les femmes et les personnes âgées, aucune législation n’a encore inscrit dans la loi des protections complètes pour les minorités sexuelles. Dans sa forme actuelle, le projet de loi consoliderait les protections de divers groupes, mais la principale raison pour laquelle il est bloqué à l’Assemblée nationale est qu’il inclut les personnes LGBTQ.
L’échec du projet de loi a été perçu par certain·e·s comme un symbole du « retard » du pays et du décalage de ses lois avec leur époque. Le projet étant bloqué pour une durée indéfinie, beaucoup de membres de la communauté LGBTQ en Corée du Sud ont décidé de vivre comme ils l’entendent, sans attendre que la loi rattrape la société. Néanmoins, les soutiens du projet de loi espèrent qu’il finira par être adopté, et que la Corée du Sud rejoindra d’autres pays asiatiques comme la Thaïlande et Taïwan, qui ont adopté des lois protégeant les droits queer et interdisant la discrimination à l’encontre des minorités sexuelles.







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