Dans une récente interview accordée à Times Radio, le député conservateur Nick Fletcher a déclaré penser que les pronoms étaient un « problème » et qu’ils devraient être complètement éradiqués des écoles afin de protéger les enfants. La discussion est née dans le contexte de l’affaire Joshua Sutcliffe, un professeur de mathématiques qui a été interdit d’enseigner par la Teaching Regulation Agency (TRA) à la suite de plusieurs allégations de faute professionnelle, notamment le fait d’avoir mégenré un élève transgenre.

Fletcher a exprimé l’avis que la secrétaire à l’Éducation Gillian Keegan devrait intervenir dans cette affaire, ajoutant : « Je pense que nous devrions retirer les pronoms de toutes les écoles. Enseigner aux enfants à l’école des idéologies non fondées sur des faits n’est pas ce que nous devrions faire, et les pronoms font partie du problème. »

Au cours de l’entretien, l’animatrice de Times Radio Aasmah Mir a demandé s’il serait possible d’autoriser les pronoms tout en ne sanctionnant pas les personnes en cas de mégenrage. Fletcher a toutefois affirmé qu’une telle approche obligerait les gens à « mentir » et créerait de la confusion, soulignant : « Je ne pense pas que nous devrions garder les pronoms là-dedans. Nous ne devrions pas faire cela, ce n’est pas correct. »

Fletcher a en outre plaidé pour que les élèves ne soient désignés qu’en fonction du sexe indiqué sur leur acte de naissance, soulignant l’importance de prendre en compte le sexe assigné à la naissance. Il a ajouté : « Quand les gens atteignent 18 ans, s’ils veulent prendre cette décision [d’utiliser des pronoms d’affirmation de genre], cela leur appartient entièrement. »

Député depuis 2019, Fletcher soutient que ses positions s’enracinent dans la volonté de protéger les enfants, de maintenir des espaces non mixtes et de préserver l’intégrité du sport, s’alignant ainsi sur les convictions des militant·e·s anti-trans et gender-critical.

L’affaire visant l’enseignant chrétien Joshua Sutcliffe est examinée par la TRA depuis janvier. Il a fait l’objet d’allégations de mégenrage à l’encontre d’un élève transgenre, qu’il a reconnues, invoquant des convictions religieuses incompatibles avec l’usage des pronoms préférés de l’enfant. En outre, Sutcliffe a été accusé d’avoir exprimé sa désapprobation du mariage entre personnes de même sexe.

À l’issue d’une enquête approfondie, la TRA a confirmé l’ensemble des plaintes déposées contre Sutcliffe, jugeant qu’il était « plus probable que non » qu’il ait publiquement mégenré l’élève, qu’il n’ait pas fait preuve de « dignité et de respect » à son égard et qu’il ait négligé son bien-être. Par conséquent, il a été interdit d’enseigner, dans l’attente de la décision prise par le directeur général de la TRA, Alan Meyrick, au nom de la secrétaire à l’Éducation.

Sutcliffe a exprimé son intention de faire appel de l’issue de l’affaire, soulignant le débat toujours en cours autour de l’équilibre entre croyances religieuses, droits des personnes transgenres et responsabilité des éducateurs dans la création d’environnements d’apprentissage inclusifs.

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