Kesego Otumile, une femme transgenre originaire du Botswana, a été confrontée à de la discrimination lorsqu’elle a cherché à obtenir un traitement médical dans une clinique d’un village. Malgré la dépénalisation des relations sexuelles entre hommes en 2019, les personnes LGBTQ+ continuent de faire face à une discrimination généralisée dans le pays. Les personnes transgenres, en particulier, peinent à accéder aux services publics, ce qui les expose à un risque accru d’infections sexuellement transmissibles et de VIH.
Une décision de justice rendue en 2019 a aligné le Botswana sur quelques pays africains qui ont légalisé les relations entre personnes de même sexe, mais les préjugés persistent. La communauté LGBTQ+ dénonce une représentation insuffisante dans les campagnes grand public sur le VIH/sida et fait face à des biais de la part du personnel soignant. Des militant·es évoquent un manque de campagnes de sensibilisation à la santé sexuelle répondant à leurs besoins spécifiques, ainsi qu’une pénurie persistante de préservatifs qui aggrave la situation.
Le Botswana compte parmi les pays les plus touchés au monde par le VIH et le sida, avec jusqu’à 400 000 personnes vivant avec le virus, selon les estimations de l’ONUSIDA. La discrimination de la part du personnel soignant et la pénurie de préservatifs entravent l’accès à l’aide médicale. Alors que le ministère de la Santé souligne que tous les patients doivent recevoir les mêmes soins, quelle que soit leur orientation sexuelle, des difficultés subsistent.
Des discussions législatives sont en cours pour reconnaître les relations entre personnes de même sexe et les identités trans, dans le prolongement de la dépénalisation des relations sexuelles entre hommes en 2019. Le Conseil des Églises du Botswana s’oppose à ces propositions, perpétuant des sentiments anti-LGBTQ+. Malgré des progrès dans l’opinion publique, les attitudes homophobes persistantes parmi les professionnels de santé découragent les personnes LGBTQ+ de chercher des soins médicaux, y compris le dépistage du VIH et la prise de médicaments de prophylaxie pré-exposition (PrEP).
Dumiso Gatsha, fondateur de l’organisation à but non lucratif de défense des droits LGBTQ+ Success Capital, insiste sur l’importance d’un accès non discriminatoire à des préservatifs gratuits, aux tests VIH et au dépistage des IST. De nombreuses personnes LGBTQ+ se tournent vers l’Afrique du Sud voisine pour se faire soigner, par crainte de la stigmatisation et de mauvais traitements. Des initiatives comme la clinique et le « safe house » de Thabo Kgobothi émergent pour répondre à ces obstacles, en offrant non seulement des services médicaux, mais aussi du conseil et du soutien au bien-être général de la communauté LGBTQ+.







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