Dans le monde du catch professionnel, où le machisme occupe souvent le devant de la scène, le prochain biopic « Cassandro » s’impose comme un symbole de libération queer et d’émancipation. Réalisé par le cinéaste oscarisé Roger Ross Williams, ce film met en lumière le parcours remarquable de Saúl Armendáriz, connu sous le nom de Cassandro, un luchador qui a défié tous les obstacles pour devenir une icône de la communauté mexicaine LGBTQ+.

L’ascension de Cassandro

Il y a cinq ans, Williams a fait découvrir Cassandro au public à travers son court documentaire, « The Man Without The Mask », pour The New Yorker. Cette première rencontre a éveillé la fascination de Williams pour Cassandro, conduisant à la création du biopic en long métrage très attendu.

Avec Gael García Bernal dans le rôle de Cassandro, Raúl Castillo dans celui de son amant Gerardo, et l’artiste lauréat d’un Grammy Bad Bunny dans celui du dealer Felipe, le film tisse un récit captivant de résilience et d’acceptation de soi sur fond vibrant de Lucha Libre mexicaine.

Triomphe queer dans un monde macho

« C’est l’histoire d’un homme gay qui a accepté qui il est et qui a lutté selon ses propres termes, puis a atteint le sommet d’une communauté macho en tant qu’homme ouvertement gay », explique Williams. Le parcours de Cassandro constitue une source d’inspiration pour tous, dépassant les limites de la masculinité conventionnelle.

La Lucha Libre, profondément ancrée dans la culture mexicaine, a longtemps été dominée par des hommes cisgenres hétérosexuels. Cassandro a brisé ces normes, assumant son identité d’homme gay et remettant en cause les idées préconçues sur la virilité. Sa persona flamboyante et ses performances électrisantes ont captivé le public, prouvant que la queerness pouvait prospérer même dans les endroits les plus improbables.

Le rôle surprenant de Bad Bunny

À l’intrigue de « Cassandro » s’ajoute la présence de Bad Bunny, qui endosse le rôle de Felipe. Williams atteste du talent d’acteur du musicien et de sa véritable passion pour le catch. Le baiser volé par Bad Bunny à Cassandro promet d’être un moment marquant du film.

« C’est un grand fan de Lucha Libre, alors ses équipes ont contacté les miennes », révèle Williams. « Quand j’ai entendu ça, je me suis dit : “Vous plaisantez ?” J’avais du mal à y croire. Mais ce fut un vrai plaisir de travailler avec lui. »

Un récit complexe, brut et émancipateur

Williams, qui a noué un lien étroit avec Cassandro pendant le travail sur le documentaire, reconnaît les défis que représente le fait de condenser une vie aussi multiple en un film de fiction. « J’ai dû laisser beaucoup de choses de côté parce qu’il y a bien plus à raconter dans son histoire », admet-il. « D’une certaine manière, il faut en faire une histoire simplifiée, très ciblée, émotionnelle, autour d’une mère et d’un fils et du désir d’obtenir l’amour de son père, qu’il n’a jamais. Puis il apprend à s’aimer lui-même. »

Si « Cassandro » simplifie certains aspects, le film ne se dérobe pas aux détails explicites de la vie d’Armendáriz en tant qu’homme gay. Le film comprend une scène intime entre Cassandro et Gerardo, essentielle au développement des personnages et à la narration.

« Tout est une question de chorégraphie et de narration », ajoute Williams. « La scène de sexe est un élément narratif vraiment important pour le développement du personnage de Cassandro. »

Alors que « Cassandro » fait ses débuts sur Prime Video le vendredi 22 septembre, les spectateurs peuvent s’attendre à un parcours profondément émouvant et émancipateur, qui célèbre la représentation queer, la résilience et l’héritage durable d’une véritable icône LGBTQ+.

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The Pink Times

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