Victor Madrigal-Borloz, expert indépendant des Nations unies, a exprimé une profonde inquiétude face à une apparente hausse des sentiments anti-LGBTQ+ au Royaume-Uni lors de son évaluation des droits LGBTQ+ dans le pays. Ses inquiétudes découlent d’une visite de dix jours au Royaume-Uni, au cours de laquelle il a observé une tendance préoccupante à l’augmentation des discours de haine visant les groupes marginalisés, alimentée en partie par la rhétorique virulente de responsables politiques, des médias et des commentateurs sociaux.
Hausse des crimes haineux et absence d’action contre la thérapie de conversion
Madrigal-Borloz a souligné sa vive inquiétude face aux « incidents accrus de harcèlement, de menaces et de violence motivés par la haine contre les personnes LGBT », qu’il a liés à une « flambée généralisée des crimes haineux au Royaume-Uni ». Le débat public autour de l’orientation sexuelle et de l’identité de genre, a-t-il noté, a pris un tour toxique, entraînant une hausse de ces incidents.
L’expert de l’ONU a également exprimé son appréhension face aux longs délais d’attente pour les soins d’affirmation de genre dans le National Health Service (NHS) et à l’absence apparente de progrès du gouvernement dans l’interdiction de la thérapie de conversion. La persistance de l’indécision sur ce dernier point a été décrite comme « déroutante » par Madrigal-Borloz.
Inquiétudes concernant les politiques d’asile et la redéfinition du sexe
Sur la question de l’asile, Madrigal-Borloz a critiqué les politiques d’asile actuelles et proposées du gouvernement britannique, estimant qu’elles pourraient en pratique équivaloir à une interdiction de l’asile, contrairement aux normes du droit international relatif aux réfugiés. Il a exprimé une inquiétude particulière pour les personnes LGBTQ+ qui pourraient être touchées de manière disproportionnée par une telle interdiction.
Madrigal-Borloz a réservé des critiques particulières à une récente lettre de la Commission pour l’égalité et les droits de l’homme (EHRC) adressée à la ministre de l’Égalité Kemi Badenoch. La lettre, qui proposait de redéfinir le sexe comme « sexe biologique » dans le cadre de l’Equality Act, a suscité l’alarme. L’expert de l’ONU a été « choqué » d’apprendre que ce conseil avait été donné sans définition claire du « sexe biologique » et semblait viser à instaurer des distinctions discriminatoires en droit britannique.
Besoin d’évaluations fondées sur des preuves et de respect des droits humains
Madrigal-Borloz a conclu son évaluation en rappelant aux responsables politiques leur devoir de mener des évaluations fondées sur des preuves, exemptes de stigmatisation, lorsqu’ils débattent de politiques touchant les personnes LGBTQ+. Il a noté que la « rhétorique abusive » qui descendait des responsables politiques alimentait les discours de haine sur les réseaux sociaux, qui à leur tour nourrissaient des crimes haineux dans le monde réel.
Ces observations ont suscité des réactions de divers militants et organisations de défense des droits humains, soulignant l’importance de l’égalité, de l’équité et du respect des droits humains dans la construction d’une société moderne. La vigilance et le plaidoyer continus en faveur des droits LGBTQ+ sont essentiels, en particulier à la lumière de récents rapports indiquant un recul du classement du Royaume-Uni en matière de sécurité LGBTQ+.







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