Dans une évolution préoccupante pour les droits LGBTQ, l’Afrique de l’Est connaît une vague de législation anti-LGBT, le Kenya étant sur le point de suivre l’exemple de l’Ouganda en adoptant un projet de loi sévère visant les personnes gays. Le député kényan Mohamed Ali, farouche opposant à l’homosexualité, nie l’existence de personnes gays africaines et affirme qu’il s’agit d’une imposition occidentale sur le continent. Il estime que les Africains ouvertement gays cherchent un gain personnel, comme des visas ou un soutien financier d’organisations de défense des droits.
Inspiré par la loi récemment adoptée en Ouganda, le projet de loi kényan sur la protection de la famille, obtenu par Reuters, présente de nombreuses მსგავსités et a suscité la peur au sein de la communauté LGBT. Selon le projet kényan, le fait d’avoir des relations sexuelles entre hommes pourrait entraîner une peine d’emprisonnement, tandis que « l’homosexualité aggravée », impliquant des mineurs, des personnes handicapées ou la transmission d’une maladie en phase terminale, pourrait être passible de la peine de mort. Les militants avertissent que, s’il était adopté, ce texte rendrait la vie des Kényans queer insupportable.
Le sentiment anti-LGBT ne se limite pas au Kenya. La Tanzanie et le Soudan du Sud connaissent également des efforts similaires pour restreindre les droits des personnes LGBTQ. Des législateurs de ces pays révèlent une dynamique législative coordonnée à travers l’Afrique de l’Est, la présentant comme une bataille pour préserver les valeurs africaines et la souveraineté face à la pression occidentale en faveur de l’acceptation des droits des gays.
Le président kényan William Ruto, connu pour ses convictions chrétiennes évangéliques, a exprimé son opposition aux droits LGBT, alimentant davantage le sentiment anti-LGBT dans le pays. Le projet de loi proposé reflète un agenda commun parmi les législateurs de la région, la loi ougandaise servant de modèle pour d’autres pays. Des législateurs ougandais ont organisé une conférence à Entebbe, où des représentants de plusieurs nations africaines ont discuté des moyens de renforcer les lois anti-LGBT, en soulignant la nécessité d’une solidarité à l’échelle du continent.
La législation proposée au Kenya constitue une menace importante pour la communauté LGBTQ, car elle vise à durcir une loi existante datant de l’époque coloniale qui criminalise déjà les relations sexuelles entre hommes. Le statut du Kenya, relativement refuge pour les personnes LGBTQ en Afrique de l’Est, pourrait être compromis si le projet de loi devenait une loi, car il rendrait presque impossible pour les personnes persécutées en raison de leur orientation sexuelle de demander l’asile. L’événement Pride à Nairobi ce mois-ci illustre l’effet dissuasif, les organisateurs ayant été contraints de garder le lieu secret par crainte des militants anti-LGBT.
La montée des législations anti-LGBT en Afrique de l’Est a suscité des inquiétudes parmi les défenseurs des droits humains. Malgré l’opposition d’acteurs internationaux, comme les États-Unis, le projet de loi bénéficie d’un solide soutien de la part de militants politiques anti-LGBT bien organisés et bien financés. L’adoption de la loi en Ouganda et l’élection du président Ruto au Kenya, qui s’aligne ouvertement sur des proclamations religieuses, ont enhardi ceux qui poussent à des lois plus strictes contre la communauté LGBTQ.
Alors que l’Afrique de l’Est fait face à la possible adoption de ces lois oppressives, c’est un moment crucial pour que les défenseurs des droits humains se mobilisent et plaident en faveur de la protection des droits LGBTQ dans la région.







Commentaires (0)
Rejoindre la conversation