BUDAPEST, 22 juillet (Reuters) - La Hongrie prévoit d’organiser plus tard cette année ou au début de l’année prochaine un référendum sur la législation qui limite l’enseignement dans les écoles sur l’homosexualité et les questions transgenres, a déclaré jeudi le chef de cabinet du Premier ministre Viktor Orban.
Orban a annoncé le référendum mercredi, intensifiant une guerre culturelle avec l’Union européenne.
La Commission européenne a engagé la semaine dernière une procédure judiciaire au sujet de ces mesures, qui ont été incluses dans des amendements aux lois sur l’éducation et la protection de l’enfance. En cas de succès, Bruxelles pourrait retenir des financements destinés à la Hongrie tant que les restrictions sont maintenues.
"Pour la Hongrie, il y a beaucoup plus d’arguments en faveur de l’appartenance à l’Union européenne que contre. Adhérer à l’UE était la bonne décision, cela allait dans notre intérêt national et c’est toujours le cas", a déclaré Gergely Gulyas, le chef de cabinet d’Orban, lors d’un point de presse hebdomadaire.
Mais il a dit que la Hongrie estimait avoir le droit de se prononcer sur ce qu’il a appelé "les règles du club" et de prendre elle-même des décisions sur les questions pour lesquelles elle n’a pas transféré d’autorité aux institutions de l’UE.
Interrogée sur le référendum, la Commission européenne a déclaré qu’elle n’interfère pas avec les méthodes de décision politique choisies par les États membres, bien qu’elle considère la loi hongroise comme discriminatoire.
Les mesures, qui ont suscité de l’inquiétude au sein de la communauté LGBT, interdisent l’utilisation de supports considérés comme promouvant l’homosexualité et la transition de genre dans les écoles, ostensiblement comme une mesure visant à prévenir les abus sur enfants.
Plusieurs groupes de défense des droits civiques ont critiqué les réformes d’Orban et un sondage mondial mené le mois dernier par l’organisme de sondage Ipsos a révélé que 46 % des Hongrois soutiennent le mariage entre personnes de même sexe.
Gulyas a déclaré que la Hongrie était toujours en pourparlers avec la Commission au sujet de son plan national de relance après la pandémie. Mais il a ajouté que le gouvernement commencerait à préfinancer des projets à partir du budget national.
La Commission européenne a fait état de graves préoccupations concernant l’état de droit en Pologne et en Hongrie dans un rapport publié mardi, qui pourrait aider à décider si ces pays recevront des milliards d’euros de fonds de l’UE pour les aider à se remettre de la pandémie.
Orban, au pouvoir depuis 2010 et qui fait face à une élection en avril prochain, se présente comme un défenseur des valeurs chrétiennes traditionnelles contre le libéralisme occidental.
Il doit une partie de son succès électoral à une ligne dure contre l’immigration, mais comme ce sujet a cessé de dominer l’agenda, il a clairement affiché ses positions sur les questions de genre et de sexualité.







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