Des défenseur·e·s des droits LGBTQ+ au Kenya et en Ouganda signalent une hausse des incidents homophobes à la suite d’une décision de justice au Kenya qui a déclenché un flot d’abus et de menaces de mort contre les minorités sexuelles. La décision, qui autorise la National Gay and Lesbian Human Rights Commission à s’enregistrer en tant qu’organisation non gouvernementale, a été considérée comme une victoire majeure pour les droits LGBTQ+ dans le pays, où les relations sexuelles entre hommes sont passibles de jusqu’à 14 ans de prison. Cependant, certains responsables religieux et politiques ont utilisé cette décision pour alimenter un retour de bâton homophobe, appelant à des lois plus sévères contre les relations sexuelles entre hommes et employant un langage incendiaire pour diaboliser la communauté LGBTQ+.
Selon Irungu Houghton, directeur d’Amnesty International Kenya, les abus contre la communauté LGBTQ+ ont augmenté depuis la décision de justice, des politicien·ne·s, des responsables religieux et des extrémistes appelant à la violence contre les personnes LGBTQ+. Houghton a indiqué que des associations caritatives soutenant des minorités sexuelles vivant avec le VIH/sida ont vu leurs coordonnées partagées dans des groupes privés sur les réseaux sociaux anti-gays, des prédicateurs se présentant devant les bureaux de ces associations pour y pratiquer des exorcismes. En conséquence, certaines associations caritatives dans les zones côtières du Kenya ont été contraintes de fermer.
Dans l’Ouganda voisin, les groupes LGBTQ+ sont également confrontés à une vague d’attaques après qu’un projet de loi a été présenté au parlement, lequel pourrait condamner à 10 ans de prison toute personne qui dit être LGBTQ+, tandis que les propriétaires qui louent à des personnes gays pourraient également encourir une peine de prison en vertu du texte. Les relations sexuelles entre hommes sont déjà punies à vie en prison en Ouganda. Des politicien·ne·s ont exprimé leur soutien au projet de loi anti-homosexualité, qui emprisonnerait également toute personne qui « finance ou parraine l’homosexualité » ou qui « met à disposition des locaux ... à des fins d’homosexualité ou de promotion de l’homosexualité ».
Ces développements ont laissé les militant·e·s LGBTQ+ des deux pays se sentir traqué·e·s et vulnérables. Ils réclament la fin de la haine et de la violence, ainsi que justice et égalité pour toutes les minorités sexuelles.







Commentaires (0)
Rejoindre la conversation