En Inde, où plus de 2,3 millions de personnes vivent avec le VIH, les femmes trans comptent parmi les groupes les plus exposés au virus. Mais une pilule quotidienne appelée prophylaxie préexposition (PrEP) s’avère être un outil puissant dans la lutte contre le VIH. La PrEP offre une forte protection contre le VIH et se prend généralement sous forme de comprimé une fois par jour. Cependant, le recours à la PrEP dans le monde reste bien en deçà des objectifs et demeure concentré dans un nombre relativement limité de pays.

En Inde, l’accès à la PrEP est inégal, et elle n’est pas proposée dans le cadre des programmes de santé financés par l’État. Bien que plusieurs marques soient disponibles à la vente, le prix de la PrEP est souvent trop élevé pour de nombreuses personnes potentiellement exposées. Beaucoup de personnes sous traitement y ont accès par l’intermédiaire d’organisations à but non lucratif, mais ces associations sont généralement basées dans des centres urbains, ce qui laisse de côté les personnes vulnérables des petites villes et des zones rurales.

Des militant·e·s qui poussent à élargir l’accès à la PrEP ont déclaré que son adoption est limitée par la stigmatisation et les stéréotypes qui l’associent à la promiscuité. La stigmatisation entourant la PrEP est aussi perpétuée par les médecins et les professionnels de santé, qui la connaissent souvent mal. Pour les travailleuses du sexe, la PrEP peut être le seul moyen de rester en sécurité, car la plupart ne sont pas en mesure de refuser des rapports sexuels sans préservatif.

Les personnes trans hésitent souvent à prendre ce médicament en raison de la discrimination généralisée qu’elles subissent. La discrimination à l’égard des hijras, terme générique qui englobe les personnes travesties, les femmes trans et les personnes intersexes, pousse beaucoup d’entre elles à mendier ou à se tourner vers le travail du sexe pour survivre. Mais des actions de sensibilisation menées au niveau communautaire progressent. Adhya, une femme trans qui reçoit sa pilule quotidienne dans une clinique de santé LGBTQ+, dit que la PrEP est une bénédiction.

En conclusion, bien que la PrEP soit un outil très efficace dans la lutte contre le VIH, son accès reste limité en Inde. Pour combattre la stigmatisation entourant ce médicament, le gouvernement doit en subventionner le coût dans tout le pays, le rendre gratuit dans les centres publics et créer une base de données centrale des dispensaires, cliniques et hôpitaux où il peut être obtenu. Des campagnes visant à sensibiliser à la PrEP sont également nécessaires pour encourager davantage de personnes à prendre ce médicament et à se protéger contre le VIH.

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