Dans une décision qui a suscité de vives critiques de la part de militant·e·s et d’activistes, le président ougandais Yoweri Museveni a imposé la fermeture du bureau des droits de l’homme des Nations unies dans le pays. Le principal bureau de la capitale a cessé ses activités pendant le week-end, tandis que les bureaux de terrain de Gulu et de Moroto avaient déjà fermé plus tôt dans l’été en raison de la décision du gouvernement de ne pas renouveler l’accord de fonctionnement de l’agence.

Volker Türk, le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, a exprimé ses « regrets » en annonçant ces fermetures, soulignant l’engagement de 18 ans de l’agence en faveur de la promotion et de la protection des droits humains des Ougandais. Cette évolution intervient sur fond d’inquiétudes croissantes concernant les violations des droits humains, amplifiées par l’adoption récente d’un projet de loi anti-LGBTQ+ qui prévoit la peine de mort pour certains actes homosexuels.

Türk a souligné son inquiétude quant à la situation des droits humains en Ouganda, en particulier à l’approche des élections de 2026, au cours desquelles Museveni devrait briguer sa réélection. Il a mis en avant l’environnement de plus en plus hostile dans lequel évoluent les activistes et les journalistes. Il convient de noter que la majorité des 54 organisations non gouvernementales dont les activités avaient été suspendues en Ouganda en août 2021 restent inactives.

Un rapport de l’ONU, publié le 26 juillet, avait fait état de son inquiétude face à des cas récurrents d’arrestations et de détentions arbitraires visant des dissident·e·s politiques, des journalistes, des juristes et des défenseur·e·s des droits humains. Le rapport condamnait également des cas de persécution fondés sur l’orientation sexuelle et l’identité de genre.

La décision de fermer les bureaux de l’ONU a été largement critiquée par des groupes de défense des droits humains et de plaidoyer en Ouganda. Kasha Jacqueline Nabagesera, une militante lesbienne de premier plan, a déploré l’absence d’un organisme de surveillance vigilant face aux abus du président Museveni. Steven Kabuye, codirecteur exécutif de Truth to LGBTQ, a dénoncé cette fermeture comme aggravant le déficit de l’Ouganda en matière de respect des droits humains, en particulier pour les citoyen·ne·s LGBTQI+.

Oryem Nyeko, de la division Afrique de Human Rights Watch, a qualifié cette décision de « recul important », de nombreuses entités, dont la Commission ougandaise des droits de l’homme, s’appuyant sur le soutien de l’ONU. Livingstone Sewanyana, de la Foundation for Human Rights Initiative, a exhorté les Ougandais à se mobiliser face à ce vide, plaidant pour que les citoyen·ne·s réclament le rétablissement de leurs droits.

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The Pink Times

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