Alors que la grève des acteurs occupe le devant de la scène, le rythme promotionnel de Theater Camp, de Molly Gordon et Nick Lieberman, s’est nettement ralenti. Dans cette accalmie, le film, salué pour sa première triomphale lors de festivals plus tôt cette année, rappelle l’accueil extatique reçu au Festival du film de Sundance, où il a décroché non pas une, mais deux ovations debout en janvier dernier.
Pour celles et ceux davantage tournés vers le monde cinéphile, Theater Camp est devenu synonyme d’excellence depuis son triomphe à Sundance. En revanche, pour les personnes moins familières avec le cinéma, leur dernier contact remonte peut-être au mois dernier, lorsque Ben Platt, star en vue du film et connu pour son rôle dans Dear Evan Hansen, s’est retrouvé dans une situation embarrassante lors d’une interview à Rolling Stone. La question sur son lien avec un producteur de cinéma notable a révélé les liens familiaux complexes qu’il partage avec le producteur nommé aux Oscars Marc Platt, qui est aussi son père.
Malgré ces conversations périphériques, l’attente grandit pour la sortie du film dans les salles britanniques le 25 août. Theater Camp, un mockumentaire de 90 minutes, plonge avec humour dans les rouages d’AdirondACTS, une école d’été de théâtre en difficulté située dans l’État de New York. Sous la direction de sa fondatrice Joan (Amy Sedaris), le camp végète chaque année, une prouesse rendue difficile par les circonstances. Cependant, l’inattendu s’impose lorsque Joan tombe dans le coma après un incident singulier impliquant une représentation scolaire.
Entrant dans la mêlée, Troy (Jimmy Tatro), le fils passionné de cryptomonnaies de Joan, prend les rênes et dirige les opérations en son absence. Aux côtés des instructeurs pleins d’entrain et délicieusement sûrs d’eux du camp, Troy s’efforce de monter un spectacle final estival mémorable. Amis dans la vie, Ben Platt et Molly Gordon brillent dans la peau des codirecteurs pleins de vie et infatigables Amos Klobuchar et Rebbeca-Diane. Leur présence dynamique fait mouche, notamment dans les moments où ils dissèquent avec acuité l’usage du « tear stick » par un élève, offrant une scène marquante d’une éclatante inventivité comique.
Si Platt et Gordon rayonnent au cœur du film, Theater Camp s’épanouit grâce à la synergie collective de sa troupe d’enseignants excentriques, chacun perdu dans ses propres rêveries fantaisistes. Les prestations remarquables d’Ayo Edebiri et Nathan Lee Graham ajoutent des couches d’humour et de profondeur, tout comme l’arc de transformation du personnage interprété par Noah Galvin. Theater Camp est un spectacle cinématographique qui rend hommage au monde du théâtre musical, offrant enfin une tribune aux passionnés de théâtre excentriques et queer.
Bien qu’il ne soit pas dépourvu de défauts, l’humour à tir rapide de Theater Camp trébuche parfois sur lui-même, laissant quelques traits d’esprit tomber à plat. Si le récit demeure simple et efficace, il laisse tout de même quelques fils en suspens à la fin. Néanmoins, ce film attachant et réconfortant fait plus que simplement chatouiller la fibre comique : il offre un répit, une pause bien nécessaire dans le monde d’aujourd’hui, laissant le public avec une sensation légère et stimulante.







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