Ten mois se sont écoulés depuis que la Cour suprême du Kenya a rendu un arrêt historique, permettant à la National Gay and Lesbian Human Rights Commission (NGLHRC) de s’enregistrer en tant qu’organisation non gouvernementale. Cette décision, saluée par les militants LGBTQ+, a déclenché une réaction hostile qui se poursuit encore aujourd’hui. Cependant, malgré les protestations et une proposition législative visant à renforcer les peines pour les relations sexuelles entre hommes, les Kényans LGBTQ+ se disent plus déterminés que jamais à défendre leurs droits et à signaler les crimes de haine.

Reconnaissance juridique et menaces croissantes

L’arrêt de la Cour suprême rendu en février a marqué une étape importante, réaffirmant le droit à la liberté d’association, qui inclut le droit de former, de rejoindre ou de participer aux activités de toute association. Annette Atieno, responsable de la communication au sein de la NGLHRC, s’est montrée optimiste quant à l’issue du récent recours du député Peter Kaluma, déclarant : « Nous avons retrouvé des forces pour défendre les droits et la dignité des personnes LGBTQ+ au Kenya. »

Le Kenya est considéré comme un pays relativement accueillant pour les personnes LGBTQ+ dans une région où les relations entre personnes du même sexe sont souvent illégales. Toutefois, les attitudes homophobes restent répandues. L’arrêt de février a entraîné une hausse alarmante des menaces visant la communauté LGBTQ+, avec une augmentation des signalements d’abus, d’agressions, de menaces et de discriminations.

Défis législatifs et résistance persistante

Le projet de loi du député Peter Kaluma, présenté en mai, vise à limiter les droits des personnes LGBTQ+ au Kenya, en restreignant leur liberté de rassemblement, d’expression et de manifestation. Il cherche également à établir une nouvelle infraction passible de la peine de mort pour « homosexualité aggravée », notamment les relations sexuelles entre hommes impliquant un mineur ou une personne handicapée. Une législation similaire existe dans des pays voisins comme l’Ouganda et le Ghana.

Malgré ces défis, les défenseurs des droits LGBTQ+ soutiennent que la décision de la cour d’autoriser l’enregistrement de la NGLHRC témoigne d’une approche inclusive des droits humains. Elle accorde à la communauté LGBTQ+ une large reconnaissance juridique, garantissant notamment son droit d’organiser des événements et de célébrer ouvertement la Pride.

Un long chemin à parcourir

Si la déclaration de la Cour suprême en septembre a suscité des manifestations et des propos haineux dans certains milieux, de nombreux Kényans LGBTQ+ se sentent confortés par la position de la cour. Ils considèrent cette décision comme une justification juridique de leur existence dans la société. Neville Akwara, un homme gay du comté de Nakuru, a expliqué que cette victoire lui a donné la confiance nécessaire pour signaler à la NGLHRC les cas d’abus homophobes. Il a toutefois souligné qu’un véritable changement ne viendrait qu’avec la légalisation des relations entre personnes du même sexe, car les abus et la violence à l’encontre de la communauté LGBTQ+ persistent.

Face aux défis persistants, la communauté LGBTQ+ du Kenya reste résiliente, déterminée à faire valoir ses droits et à surmonter les obstacles qui l’attendent.

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The Pink Times

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